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Il était une fois LLG ... André LÉVY-LANG

Il était une fois LLG...

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28/03/2026

Il ÉTAIT UNE FOIS LLG

Interview d’André Lévy-Lang (LLG 1956) 

Par Aïna Adlerberg Douady, doctorante en sciences politiques à Université Paris Cité (LLG 2012)

Avant de devenir banquier, André Lévy-Lang fut élève en classes préparatoires scientifiques au Lycée Louis-Le-Grand (LLG 1956). Voici l’expérience qui fut la sienne.


« Il y avait une grande camaraderie ! »

 

1. En trois mots, l’expérience à Louis-le-Grand (LLG) :

Intense, productive, et très enrichissante. Cela fait quatre mots. Enrichissante ! Productive et enrichissante, cela fait un peu double. Transformatrice, je préfère ce mot-là : 

  • Intense

  • Productive

  • Transformatrice


2. La décision de postuler à Louis-le-Grand :

J’étais en Maths Sup à Bordeaux, et puis je venais de l’étranger. J’étais d’Égypte, francophone naturellement, c’était pour des raisons historiques, familiales. Je suis arrivé en France pour faire mes études supérieures pour entrer en Maths Sup. À Bordeaux, un de mes camarades m’a dit que la taupe n’était pas la meilleure et que je devais plutôt aller à LLG en taupe. Il y allait lui-même, donc j’ai postulé pour aller à LLG, et j’ai été pris.


3. Les premières fois à Louis-le-Grand, les premiers étonnements : 

Le rythme de vie était très strict. On devait éteindre la lumière à dix heures du soir. J’étais interne à LLG. Il y avait un rythme très précis que l'on devait respecter. Le seul moment de liberté était le dimanche en pratique. Le reste du temps était intense avec des horaires précis et des obligations précises. Cela ne m’a pas surpris, cela m’a frappé parce que je n’avais jamais été interne.


4. Les graines semées par Louis-le-Grand qui ont germé :

Simplement, j’ai été reçu premier à Polytechnique. Donc, c’était pas mal !


5. Le plus beau souvenir à Louis-le-Grand :

La camaraderie finalement. J’étais interne. Les internes avaient une seule salle d’études, qu'ils soient trois-demi, cinq-demi, ou sept-demi, c’est-à-dire en première année de Maths Spé, ou en deuxième, ou troisième année. Il y avait une grande camaraderie entre les différents participants qui était plutôt positive. C’était un bon souvenir à ce moment-là. À part cela, rétrospectivement, je ne sais pas si vous avez eu beaucoup d’interviews de cette génération, le dortoir était une grande salle avec au bout la cabine, si j'ose dire, du surveillant, et à l’autre bout les lavabos à l’eau froide. On avait droit à une douche chaude par semaine. En revanche, on mangeait très bien, enfin, très abondamment !


6. Les rencontres marquantes de Louis-le-Grand :

La camaraderie de la taupe simplement. Le travail était à temps plein, absolument plein, tous les jours jusqu'à dix heures du soir et le samedi aussi. Entre les cours, le travail personnel, l’école, enfin : les cours, l’étude et l’école etc… C’était très intense. 


7. L'excellence des professeurs : 

Il y avait trois taupes à l’époque, trois Maths Spé au lycée : A, B et C pour être clair. La C avait eu les meilleurs résultats les années précédentes. Moi, j’étais dans la B, mais les résultats étaient bons partout. Les profs étaient tous très bons. J’ai un souvenir particulier, on avait encore des cours de philosophie avec Merleau-Ponty qui était devenu assez connu depuis. Mais la philosophie n’avait pas un très grand poids dans les concours de Polytechnique. 


8. La méritocratie à la française : 

Elle existe dans tous les pays sans exception. En Chine, c’est d’être le fils de quelqu’un du parti. C’est une méritocratie héréditaire. Ce n’est pas la meilleure, mais elle existe. La méritocratie à la française a un inconvénient et un avantage. L’avantage est qu’une fois qu’on est dans le système, c’est véritablement une méritocratie. L’inconvénient est que la vraie sélection se fait au niveau du primaire. Disons que la discrimination et l’injustice existent au niveau du primaire parce que le primaire en France, et un peu au niveau du secondaire, est tellement dépendant de la qualité de l’environnement des parents et familial que cela fait une discrimination terrible. À cette réserve près qui est le filtrage très sélectif entre 3 et 12 ans, la méritocratie fonctionne.


9. Les messages aux élèves actuellement à Louis-le-Grand : 

Aux élèves qui sont à LLG, cela veut dire qu’ils veulent travailler et réussir. S’ils y sont, c’est qu’ils en sont capables. Donc, on n’a pas besoin de leur donner des conseils. Le conseil que l’on peut leur donner c’est après. Il faut être conscient que ce qu’ils ont appris et les diplômes qu’ils auront représentent une petite partie des conditions de leur succès et de leur bonheur. Cela, ils le savent, ou s’ils ne le savent pas, ils le découvriront très vite. 

  • Les attentes vis-à-vis de l’association des anciens élèves : 

Ce que vous faites est très bien. Louis-Le-Grand est quand même une institution très spéciale, qui existe encore, parce qu’elle a réussi à fonctionner aussi bien maintenant qu’il y a 60 ans. Donc c’est très bien. Je trouve qu’elle est très utile de ce point de vue-là parce que, le fait d’être passé par LLG est un élément qui peut être d’intérêt commun entre les personnes. Donc, c’est intéressant qu’il y ait un peu d’histoire de LLG.



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